haut potentiel et sommeil
Psychologie

Haut potentiel et sommeil : quels sont les liens ?

Pour tout le monde, le sommeil peut être difficile. Toutefois, pour les personnes dotées d’un haut potentiel intellectuel (QI > 130), cette difficulté est plus importante. Comment fonctionne le sommeil de ces individus ? Quelles sont les conséquences sur leur fonctionnement ? Dans cet article, je vous explique le lien entre le haut potentiel et le sommeil.

Quelles sont les phases de sommeil ?

Lorsque nous dormons, nous passons tous par diverses phases. Il en existe cinq :

  • Phase d’endormissement : cette phase est courte. Vous pouvez entendre des bruits légers, vos yeux bougent et vos muscles sont mobiles.
  • Phase de sommeil léger : vos yeux ne remuent plus, mais vous pouvez encore percevoir des bruits.
  • Mise en place de la phase de sommeil profond : votre activité cérébrale ralentit et vos muscles sont libres.
  • Phase de sommeil profond : votre cerveau, votre organisme et vos muscles sont au repos total. Durant cette phase, vous récupérez de votre fatigue physique.
  • Phase de sommeil paradoxal : votre activité cérébrale est importante. Néanmoins, vos muscles sont paralysés (chez un adulte, cette phase représente 20 % de son temps de sommeil).

La production de sérotonine est bloquée durant le sommeil paradoxal. Or, la sérotonine a un rôle important pour notre bien-être.

Quelles sont les caractéristiques de la sérotonine ?

La sérotonine est une hormone qui régule :

  • l’humeur ;
  • la douleur ;
  • le sommeil ;
  • l’appétit.

Un déficit en sérotonine peut donc provoquer divers problèmes tels que :

  • une déprime au réveil ;
  • un état dépressif aggravé ;
  • le développement d’allergies, de douleurs ou de maladies auto-immunes ;
  • des troubles du sommeil.

Comment se déroule le sommeil des personnes à haut potentiel ?

Une étude du Dr Olivier Revol, en 2003, montre que le sommeil chez les personnes dotées d’un haut potentiel intellectuel est qualitativement différent des autres personnes. Pourquoi ?

Leurs cycles de sommeil sont moins longs. En effet, les cycles d’une personne à haut potentiel durent 70 minutes alors qu’ils durent 90 minutes pour les autres personnes. La phase de sommeil paradoxal dure, également, plus longtemps. Quant à la phase de sommeil profond, elle est plus courte. Le passage en phase de sommeil paradoxal est souvent très rapide. Parfois, cela se déroule juste après l’endormissement.

Quels sont les impacts sur le fonctionnement d’un HPI ?

La phase de sommeil profond est plus courte. Or, c’est durant cette phase que nous récupérons. Ainsi, la récupération pour une personne à haut potentiel intellectuel est moins bonne. En revanche, le fait que le sommeil paradoxal dure plus longtemps permet d’avoir une excellente mémoire. Cela favorise, par ailleurs, une très bonne plasticité d’où des facilités dans les apprentissages. Il explique notamment la fatigue au réveil et la mauvaise humeur. En effet, la production de sérotonine est moindre.

Le haut potentiel et le sommeil ne se marient pas vraiment bien. Effectivement, les HPI se plaignent régulièrement de difficultés pour s’endormir (les pensées ne s’arrêtent pas). Le réveil est, également, souvent difficile avec un sentiment d’être davantage fatigué que la veille.

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Le haut potentiel et le sommeil chez les enfants, un problème existe-t-il ?

Les enfants à haut potentiel présentent un rythme de sommeil particulier lié à leur côté atypique, et ce, dès la naissance. Cela engendre des conséquences pour la vie de famille.

Quels sont les soucis mis en avant par les parents ?

Les parents d’enfants HPI mettent en avant certains problèmes récurrents :

  • Des soirées épiques : les enfants ne veulent pas dormir. Et un enfant HPI est très malin pour trouver de bonnes excuses. Parfois, un problème est, malgré tout, réel. Il ne faut pas se fier aux apparences.
  • La disparition de la sieste : une fatigue peut être présente en soirée et rendre votre enfant plus sensible.
  • Un endormissement vers 23 h : quel que soit le planning du lendemain, coucher tôt un enfant HPI est une utopie.

Quelles sont les causes de ces problèmes de sommeil chez les enfants HPI ?

Ces désagréments ont diverses sources :

  • L’anxiété et l’hypervigilance ressenties dans la journée. Cela sécrète du cortisol (hormone du stress). Or, plus on crée du cortisol, moins nous dormons. Cela est valable pour les adultes bien évidemment. Cette tension met du temps à retomber.
  • L’apparition de questions existentielles à l’heure de se coucher. Eh oui, comme le cerveau est libéré de certaines distractions ou contraintes de travail, il a tout le temps pour réfléchir.
  • Les peurs irrationnelles (noir, monstres, etc.).
  • Les ruminations extrêmes. Pas toujours facile de prendre du recul face à une situation qui nous touche ou des inquiétudes.

Quelles sont les solutions pour que le haut potentiel et le sommeil se réconcilient ?

Pour que le sommeil ne soit plus un problème, des solutions existent. Elles peuvent faciliter l’endormissement et améliorer la qualité du sommeil. Toutefois, aucune méthode n’est miraculeuse.

Les solutions pour faciliter le sommeil des enfants à haut potentiel

Pour le bien de tous les membres de votre famille, quelques pratiques sont vraiment très pertinentes. Elles permettent de retrouver une certaine sérénité au quotidien.

Raconter sa journée

Cela permet à votre enfant d’évacuer la pression et les petits soucis. Pour ce faire, prenez le temps de l’écouter sans jugement, sans le couper. Ce temps de parole permet de décharger une partie des angoisses ressenties durant la journée.

Mettre en place des rituels

Les personnes à haut potentiel intellectuel ne sont pas très friandes des changements. Cette particularité est encore plus importante chez les enfants à haut potentiel. Ils aiment anticiper les choses et y être préparés. Trouver le bon rituel peut malgré tout prendre du temps.

Lâcher prise sur le quota de sommeil

Le sommeil est certes très important pour bien grandir. Néanmoins, les besoins de sommeil des enfants HPI sont différents des autres enfants. La vigilance reste nécessaire. Si votre enfant ne montre pas de signe de fatigue, ne vous focalisez plus sur ce point.

Quelques astuces pour les adultes

Même si tomber dans les bras de Morphée n’est pas évident, vous pouvez mettre en place quelques actions afin d’améliorer votre sommeil.

  • Écouter de la musique ;
  • Faire du sport ;
  • Pratiquer la méditation ou la relaxation ;
  • Éviter les grasses matinées ;
  • Lire un livre ;
  • Aller vous coucher dès que la fatigue se manifeste ;
  • Recourir à l’hypnose ou à la sophrologie.

Bien entendu, cette liste n’est pas exhaustive. À vous de tester ces astuces et de trouver la méthode qui vous convient. Pour ma part, la musique et la lecture m’aident pour stopper la cogitation.

Vous l’avez compris, le haut potentiel et le sommeil ne sont pas parfaitement compatibles. Pour trouver le rituel idéal, faites preuve de patience.

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